L'anthropomorphisme chez le cane corso. - Elevage professionnel de Cane Corso du Sang d'Orthos

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L'anthropomorphisme chez le cane corso.

La vérité sur un défaut d'éducation, responsable d'accidents.


L'anthropomorphisme est l'attribution de caractéristiques du comportement ou de la morphologie humaines à d'autres entités comme des dieux, des animaux, des objets, des phénomènes, voire des idées. On a tendance à aimer les animaux en fonction de ce que l’on croit qu’ils sont.
Du grec anthropos (homme) et morphê ( forme) le dictionnaire dit qu’anthropomorphisme est la tendance à attribuer aux animaux des caractéristiques propres à l’homme.

Anthropomorphiser un animal c’est, lui attribuer inconsciemment un mode de raisonnement ou de fonctionnement humain, sans doute pour tenter de donner un sens à ce qu’il est difficile de comprendre et de contrôler.
C’est penser qu’un animal éprouve des besoins similaires à ceux des hommes. Le fait d’anthropomorphiser un animal, c’est oublier sa véritable nature et donc le traiter alors de façon inadaptée ; d’une certaine façon, le maltraiter.

L’anthropomorphisme néglige les besoins réels de l’animal et l’oblige à se soumettre à des habitudes pour lesquelles il n’est pas fait, mais qui (ne) font plaisir (que) au maître. C’est ainsi que les comportementalistes sont de plus en plus sollicités pour rétablir une relation normale entre la famille et son chien. Hélas c'est malheureusement ainsi que de nombreux animaux sont abandonnés à terme, par des maîtres qui avaient fondé sur eux des espoirs irréalistes et irréalisables.

Le faire valoir

La forme extrême de l’anthropomorphisme confine à l’égocentrisme parce qu’elle transforme le chien en faire valoir de son maître. C’est à dire que le chien devient un personnage secondaire qui a pour vocation de mette en valeur son propriétaire, le quel se bercera de mérites et de trophée dont le chien n’a que faire.

On rencontre ce tableau chez certaines maîtresses qui habillent ou pomponnent leur chien comme des mannequins de mode pour aller en ville ou en expos, ou bien chez certains propriétaires qui transforment leurs chiens en bêtes à concours, avec tout ce que cela comporte de brimades, de conditionnements, d’excitation qui vont bien au delà de l’entrainement ludique du chien.

Nous n’évoquerons plus ces excès. Ils sont fréquents dans les différents milieux de compétions, mais infiniment minoritaires par rapport à la population des chiens.

Les erreurs d'interprétation. De fait ce sont souvent des maîtres généreux et raisonnables qui en certaines circonstances prennent innocemment le chien pour ce qu’il n’est pas. Et cela conduit à des erreurs d’interprétation. Réconforter par une caresse un chien qui a, ou qui vient d’avoir peur de quelque chose ou d’une situation, augmente son angoisse, et renforce son comportement phobique. Là aussi, il faut adopter une attitude neutre pour dédramatiser la situation , et /ou si possible détourner l’attention du chien grâce à des stimulations plus fortes et plus appréciées : par exemple donner un ordre simple et habituellement agréable au chien, avec la promesse d’une bonne friandise ou d’un jouet en récompense.

On peut qualifier trois grandes tendances à l'anthropomorphisme.


1 - Un anthropomorphisme anodin et raisonné, qui consiste éventuellement à parler à son chien. Cela relève plus du contact auditif/verbal, à des moments souvent identiques, le jeu, la promenade.

2 - Un anthropomorphisme exacerbé, qui consiste à considérer l'animal comme un membre de la famille, avec les mêmes droits, les mêmes activités, les mêmes sensations. Le respect du chien n'existe plus, il perd le repère de la meute et du rôle du chef, l'animal est complètement déstabilisé. C'est le réflexe de peluchisation.

3 - L'anthropomorphisme militant, à l'excès, avec actions violentes pour la libération d'animaux en captivité, végétarisme ou végétalisme et parfois, actes "terroristes", (pose de bombes dans la boîte aux lettres de personnes travaillant pour un laboratoire utilisant des animaux pour expériences). Les limites de ce militantisme est l'excès qui dessert la cause plus qu'il ne la soutient, prônant parfois l'éradication de certaines races au motif de leur handicap, le Sherpei et ses maladies de peau, maladies souvent douloureuses et lourdes, limitant aussi la vie de ce chien à quelques petites années. Le problème de cet objectif est qu'il se rapproche de théories exprimées par des régimes totalitaires, concernant les races, humaines pour la circonstance. Le dérapage peut alors être sournoisement en embuscade. C'est une dérive sectaire dangereuse car totalitaire et radicale. Elle est absente de raisonnement.

 

Pour terminer, rappelez vous de l'histoire d'une équipe de pompier qui était en train de sauver un chien labrador qui dérivait sur un morceau de glace au milieu d’un embâcle, en plein milieu des rapides. Le pompier qui voulait le prendre pour le mettre dans le bateau, et qui ne se méfiait aucunement, a eu la surprise de sa vie lorsque le chien l’a mordu en plein visage.
Ce pauvre pompier avait fait une supposition dangereuse : que ce chien pensait comme un être humain et qu’il comprenait qu’on essayait de le sauver. Cette myopie techniquement appelée « anthropomorphisme », le fait de penser que les animaux sont comme nous dans leurs sentiments et leurs besoins, a moult conséquences non seulement sur nous les humains, mais sur les autres espèces.

 

L'Anthropomorphisme, c'est comme le cholestérol, il y a le bon et le mauvais.
PJ Fiedler, août 2003

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